Copyright © Patrick Émile Carraud, 2003
(1838 - 1889)
Né à Saint-Brieuc le 7 novembre 1838. Mort à Paris le 19 août 1889.
Nouvelliste. Romancier. Dramaturge.
Auguste de Villiers de L'Isle-Adam est issu de l'une des plus vieilles familles de la vieille France. Parmi ses ancêtres l'on compte un Maréchal de France, mais également le fondateur et premier Grand Maître de l'ordre des Chevaliers de Malte (ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem)… Mais sa famille sort presque ruinée de la Révolution. Le père et la mère de Villiers se séparent en 1843.
Villiers de L'Isle-Adam vit dans la demeure familiale appartenant à sa tante Kérinou. Il fait ses études d'abord à Saint-Brieuc, puis à Rennes (institution Saint-Vincent-de-Paul – 1848), puis au lycée de Laval.
Il est d'une santé délicate. De plus il est très renfermé, toujours recueilli en son for intérieur. Il se montre d'une grande sensibilité et souvent anxieux… Il se lie donc difficilement. Il connaît néanmoins un amour de jeunesse qui semble partagé. Mais la jeune fille, objet de son amour, décède quelques mois après leur rencontre. Il en est grandement affecté. Plus tard il connaîtra une autre femme, mais qui ne lui inspirera, autant que l'on puisse en juger, qu'un attachement relativement superficiel, sensuel, et qui le délaissera, inévitablement, pour un autre. Sa quête ultérieure d'amour, sa quête de l'amour, ne lui procurera jamais l'espèce d'amour idéal auquel il aspirait.
En 1855 il gagne Paris. Sa famille, croyant en lui, investissant tout ses biens sur son génie littéraire, l'accompagne. En 1856 son père, ne pouvant faire face à certaines échéances, sera emprisonné pour dettes.
Villiers fréquente les lieux idoines, et se lie sans trop attendre avec Baudelaire. Il fait la connaissance de Théodore de Banville, Charles Cros, Catulle Mendès. Ce dernier lui permet d'écrire dans la Revue fantaisiste. Il se liera d'amitié avec Stéphane Mallarmé également (1864).
En 1858, Villiers de L'Ilsle-Adam publie Deux Essais de poésie.
En 1859 il fait imprimer, à Lyon, son recueil intitulé Premières Poésies (renommé ultérieurement Les Sillons stériles). Il supervise le travail de l'imprimeur ; malgré cette précaution, et le souci qu'il se donne, ces Premières Poésies ne connaissent aucun succès.
En 1860 Baudelaire lui fait découvrir Edgar Poe. Mais c'est avec les principes de la logique, de la philosophie développés par Friedrich Hegel, que les sentiments, l'esprit de Villiers s'accordent le mieux.
En 1862 il publie son premier roman, Isis.
En 1864 son père est confronté à d'immenses difficultés financières : c'est la ruine.
Villiers fait ses débuts de dramaturge, en écrivant en 1865 Ellen, puis Morgane en 1866, qu'il ne parvient pas à faire représenter. Il collabore au premier Parnasse contemporain.
Mais, rédacteur à la Revue des lettres et des arts (fin 1867, début 1868), il y publie ses premiers contes. Il trouve là le filon précieux, la veine qui, à défaut de lui permettre de connaître la fortune et la gloire, lui permettra tout de même de passer à la postérité.
En 1869 il visite Richard Wagner en Suisse.
Villiers écrit une autre pièce de théâtre, La Révolte (1870), qui sera représentée cinq fois seulement.
Sa grand-tante, mademoiselle de Kérinou, chez qui il avait passé une partie de son enfance, meurt en 1871. Privé de son soutien Villiers doit mener une existence plus sobre encore.
L'œuvre dramatique qu'il conçoit comme sa production majeure est Axël. La première partie en paraît en 1872. Il en publiera une version définitive de novembre 1885 à juin 1886, dans La Jeune France.
Il écrit encore une pièce de théâtre en 1875, Le Nouveau Monde, qui ne sera montée qu'en 1883, et qui ne tiendra pas l'affiche plus longtemps que ne l'avait tenue La Révolte.
Il connaît un pâle amour avec Marie Dantine, « une pauvre servante », qui lui donne un fils en 1881.
En 1883 il publie ses célèbres Contes cruels.
Il se lie avec Léon Bloy et Joris-Karl Huysmans qui admirent son talent.
En 1886 il publie L'Ève future (que l'on estime généralement être son meilleur ouvrage) et L'Amour suprême, en 1887 Tribulat Bonhomet, en 1888 Les Histoires insolites et Les Nouveaux Contes cruels.
En 1889 il épouse Marie Dantine. La même année, il meurt, le 19 août.
« Sa notoriété dans les milieux symbolistes et décadents, l'admiration qu'il suscite chez Léon Bloy ou Huysmans ne compensent malheureusement pas ses échecs auprès du grand public. Il meurt dans l'indigence, mais reçoit des funérailles décentes grâce à la générosité de ses amis. » 1
« Génie, tôt en proie à la fatalité de sa glorieuse supériorité sur même l'élite » 2
« N'ayant pas, comme le chrétien qu'il eût pu être et qu'il croyait être, une règle rigide, faussé par l'hégélianisme et saccagé par les curiosités les plus dangereuses, parfois incroyablement privé d'équilibre, je crois qu'il ne comprit jamais le pressentiment grandiose dont il suffoqua trente ou quarante ans .» 3
Quelques titres : Isis (roman – 1862), La Révolte (théâtre – 1870), Le Nouveau Monde (théâtre – 1880), Contes cruels (nouvelles – 1883), L'Amour suprême (nouvelles – 1886), L'Ève future (roman – 1886), Tribulat Bonhomet (nouvelle – 1887), Une Évasion (théâtre – 1887), Nouveaux Contes cruels (nouvelles – 1888), Histoires insolites (nouvelles – 1888), Axël (théâtre – 1890 ; publication posthume)…
• 1 — |
In La Littérature française de A à Z (ouvrage collectif, sous la direction de Claude Eterstein), édition Hatier, 1998. |
• 2 — |
Paul Verlaine. Cité in Dictionnaire encyclopédique de la littérature française, éditions Robert Laffont, 1997, 1999. |
• 3 — |
Léon Bloy. Cité in Dictionnaire encyclopédique de la littérature française, éditions Robert Laffont, 1997, 1999. |
| HYPERLIEN VERS LA PAGE D'ACCUEIL | Copyright © Carraud-Baudry, 2001-2016 |
| HYPERLIEN VERS LE PLAN DU SITE |